Au détour d’une réunion dans la salle principale de lîlo, espace où réside icilaba, un collègue m’a parlé des algues vertes et d’un roman graphique que nous avons à disposition, Algues vertes l’histoire interdite de Inès LÉRAUD et Pierre VAN HOVE. Notre discussion m’a amenée à explorer le sujet de la valorisation des ressources naturelles considérées comme des déchets par nos autres, humains.

Comment l’Homme peut réexploiter positivement ces ressources ?

Algue verte ou “laitue de mer”

Les algues vertes sont considérées par beaucoup de personnes comme une menace, un déchet.

Mais comme les algues, quelque soit l’espèce, les algues vertes peuvent être utilisées pour l’alimentation humaine et animale ou comme engrais naturel. Les algues vertes sont également utilisées pour d’autres produits.

Gurvan Michel, directeur de recherche au CNRS à Roscoff, en collaboration avec une équipe internationale (Universités allemandes de Brême et de Greifswald et l’Université technique de Vienne, en Autriche) a travaillé sur l’ulvane, sucres extraits de l’algue verte. Cette équipe de chercheurs ont notamment démontré des propriétés bioactives, immunostimulante, antioxydante, anticoagulante et le fait que l’ulvane favorise la cicatrisation de la peau.

Gurvan Michel évoque également à Ouest-France la possibilité de produire du bioéthanol avec les enzymes extraites des algues vertes. Malheureusement, elles ne sont pas un produit à forte valeur ajoutée, ce n’est donc pas une piste viable.

D’après l’article du 20 Minutes, plusieurs projets industriels travaillent sur la possibilité de faire des biocarburants à partir de ces ulvanes, c’est la troisième génération de biocarburant. “Elle consisterait à produire de l’énergie à partir de cultures de micro-algues, et ainsi ne pas gaspiller les terres fertiles à vocation alimentaire, un reproche fait à la première génération d’agrocarburants.”

Gurvan Michel évoque aussi la possibilité d’exploiter l’ulvane “dans le domaine de la nutrition, la cosmétique, la pharmacie” au journaliste de 20 Minutes. Ce sont alors des composés qui peuvent valoir 100€ le gramme.

montage de coquilles de moules lors de la braderie de Lille

source de l’image : France Info

Coquilles de moules, d’huîtres et de coquilles Saint-Jacques

La valorisation des déchets coquilliers est globalement assez connues.

C’est notamment grâce à la Braderie de Lille. Cet événement connu notamment pour les montagnes de coquilles de moules dans les rues. Ces coquilles sont ensuite récoltées et recyclée par EtNISI, start-up lilloise. Ces déchets servent notamment à faire du carrelage mural ou du mobilier urbain. Cette start-up travaille également avec la Baie de Somme pour réaliser, à partir de la collecte de coquilles de moules, des dalles publiques.

D’après le site consoGlobe, les coquilles de moules peuvent également devenir des bio-filtres utiles aux procédés d’épuration des eaux usées.

La marque Perlucine se concentre quant à elle sur les coquilles d’huîtres. Basé dans le Morbihan, Perlucine a constaté de nombreux gisement dans le secteur et a identifié un besoin de valorisation de ces déchets auprès des collectivité, évoque Pascal Mangin, Président de l’Association, sur le blog du Comptoir de la Mer. “Perlucine a, dès le début, rassemblé un ensemble de partenaires : institutionnels, techniques, financiers, économiques et associatifs. L’objectif étant de co-construire les actions et activités à mettre en place,en privilégiant la prise en compte de l’environnement et de l’innovation.” Perlucine utilise les coquilles d’huître et de l’agile de mer pour réaliser des cosmétiques naturels. Leur procédé se base également sur les principes de l’économie circulaire.

Le béton réalisé avec des coquillages est assez connu. Ce “béton coquillage” intègre en fait des coquilles Saint-Jacques, et non des moules ou des huîtres, pour leur solidité, nous informe France 3 Régions. Effectivement, l’ESITC Caen, école d’ingénieur, a développé ce béton écologique aux propriétés absorbantes. France 3 Régions nous parle dans leur article de la ville de Wimereux, près de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais. Cette commune va utiliser des pavés en “béton coquillage” pour refaire leur centre ville. C’est également le cas de Nice qui a expérimenté les propriétés du matériau pour lutter contre la canicule.

La marque de lunettes Friendly Frenchy, basée à Lorient, utilise les trois types de coquille (moules, huître, coquille Saint-Jacques) pour réaliser ces montures.

Ces initiatives et innovations nous montrent bien le potentiel de ces ressources naturelles dans le circuit de conception de l’Homme. Chaque ressource peut avoir de multiples exploitations et c’est à nous d’en faire une exploitation positive et durable.

Cela confirme l’adage de Antoine Lavoisier : “rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”.

Retrouvez d’autres articles sur l’attitude design ici et là-bas sur notre blog.