Notre société doit faire face depuis plusieurs années à des bouleversements liées aux problématiques environnementales et éthiques de plus en plus urgentes, remettant en question un système de consommation rapide et continue. C’est dans cette dynamique et en contre-pied aux “high-tech” que les “low tech” se développent.

Low tech, qu’est ce que c’est ?

Low tech vient de “low technology” traduit par “basse technologie” en français. En contradiction aux high tech, les low tech sont en phase avec les problématiques environnementales de notre société. Les produits low tech sont éco-responsables, techniquement simples et pratiques et ont un impact environnemental et social réduit.

Photo d'une éolienne low tech sur un bateau habitable.

source de l’image : Socio Jam

Des technologies inscrites dans l’avenir

Les low tech s’inscrivent dans la dynamique de réduction des déchets et de production locale. Elles favorisent le développement social et la création d’emplois. La dimension énergétique est également très présente avec une volonté de baisse de consommation au maximum. Cette philosophie s’applique aux produits mais également à la vie quotidienne comme effectuer ses déplacements en vélo, créer ses propres produits (Do It Yourself), les initiatives zéro déchet, (faire) réparer ses produits localement, utiliser des énergies renouvelables, etc.

Et l’innovation avec les low tech c’est possible ?

Nous pourrions croire que l’attitude low tech est contradictoire avec le développement technologique et l’innovation. Au contraire, il faut réussir à répondre aux problématiques et aux besoins des utilisateurs tout en inscrivant cette démarche dans leur quotidien. Il y a donc une partie de l’innovation consacrée à proposer des alternatives aux high tech utilisées quotidiennement.

Un des outils les plus utilisés comme le smartphone, dont la production et la durabilité sont très controversées, a trouvé son alternative : le FairPhone. C’est un smartphone modulable et durable dont chaque élément peut être changé. Cette entreprise hollandaise cherche également à solutionner les problématiques de production et d’optimisation du cycle de vie du produit en passant par le commerce équitable et en réduisant la consommation des différents composants.

Photo du bateau le Nomade des Mers et de leurs cultures.

source de l’image : Ouest France

Et en France ça donne quoi ?

C’est notamment en Bretagne que la low tech prend place en France. Le Low-tech Lab, implanté à Concarneau, “s’est donné pour mission de partager les solutions et l’esprit low-tech au plus grand nombre, afin de permettre à chacun de répondre à ses besoins de base de manière autonome et durable.” Cette entité met en place des actions et des expéditions globales afin de récolter et de créer de nouvelles solutions low tech à travers le monde. Certaines de ses explorations sont soutenues par l’incubateur finistérien We Explore porté par Roland Jourdain. L’une d’entre elle, Nomade des Mers, a été expérimentée par le magazine We Demain pendant 2 mois et a été retranscrit dans cet article. Cette exploration a pour but de faire le tour du monde en habitable et de recenser les low tech afin de les partager sur la plateforme de Low-tech Lab en open-source.

Les low tech s’inscrivent aussi localement dans le territoire breton. La première école low tech en France, la Low-tech Skol, va voir le jour en mars 2020 à Guingamp (22). Suite à cette formation, “le technicien low-tech, ou agent d’économie circulaire, aura vocation à assurer le suivi et l’économie des ressources utilisées, la réparation et la maintenance durable, la gestion, le tri et la valorisation des déchets, en entreprise ou en collectivité”, comme l’indique l’article paru dans le Ouest-France.

Photo montrant une équipe en train de travailler lors du Hackaton du Low Tech Lab

source de l’image : Tilt ideas

Et dans le design ça peut s’inscrire comment ?

La démarche design et les low tech se rejoignent dans la réflexion d’innovation et d’adaptation face à un besoin et à des contraintes ainsi que dans son approche et son implantation dans le quotidien des utilisateurs. Être utile, centré humain, réflexion environnementale, inscription sociétale sont des notions très présentes dans la démarche design.

Il existe un courant de pensée, interne au design, affirmant de façon plus marquée ce positionnement éco-responsable : le design éthique.

Le design éthique est “une réflexion sur l’impact du design d’un point de vue éthique” comme l’indique Usabilis dans cet article. C’est une manière de créer de façon responsable, éthique et durable. D’après Florence TAGGER, directrice de la Fab Design de la SNCF, le design éthique est basé sur 3 dimensions : le respect des individus, la frugalité et l’inclusion.

D’un point de vue digital, le design éthique prend en compte une pertinence et une simplicité de l’information. C’est en contradiction à la course aux fonctionnalités et à l’usage abusif de techniques persuasives pour capter l’attention de l’utilisateur.

D’un point de vue industriel, le design éthique porte majoritairement sur une réflexion autour des matières premières et de la conception physique du produit afin d’éviter les pertes et d’y apporter une dimension durable.

Le design éthique questionne également la responsabilité du designer que ce soit dans sa démarche envers l’humain et la société mais également dans la conception. Mais est-ce que ça n’est pas intégré dans la responsabilité du designer ?

C’est une réflexion qui est très importante pour nous chez icilaba, elle est intrinsèque à notre démarche, nous considérons que le design est forcément éthique. Que ce soit dans notre démarche au quotidien mais également auprès de nos porteurs de projet et des produits que nous livrons. En tant qu’agence nous avons les contraintes du client mais nous avons également une position de conseil nous permettant de le sensibiliser aux problématiques environnementales afin d’agir en conséquence. Nous n’y arrivons pas à 100% à chaque projet et ce n’est pas simple au quotidien. Il faut savoir jongler avec une multitude de contraintes. C’est une attitude à adopter et c’est cette stratégie des petits pas qui permet le changement.

Et vous, comment cette démarche peut s’inscrire dans votre quotidien professionnel ?