L’Histoire est parsemée de personnes qui ont fait avancer nos usages pour les améliorer. Que ce soit dans la volonté de répondre à un besoin ou une recherche pure d’innovation, ces inventions et découvertes ont fait avancer notre société. Sans le savoir, ou sans le nommer précisément ainsi, ces personnalités ont adopté à leurs manières une attitude et une démarche design.

Dans cet article, nous mettons le projecteur sur Ignace Philippe Semmelweis, médecin obstétricien qui a fait avancer le milieu hospitalier en terme d’hygiène des mains. Découvrez son processus de recherche et son histoire.

Dates clés d'Ignace Philippe Semmelweis

Une problématique

Médecin obstétricien d’origine hongroise, le Dr Semmelweis donnait des cours à des étudiants en médecine. Effectivement à cette époque les médecins ne faisaient pas accoucher directement les femmes, c’était la mission des étudiants, sous leurs conseils, et des sages-femmes. 

Une des grandes problématiques constatées par le Dr Semmelweis, est une maladie infectieuse, nommée fièvre puerpérale, survenant à l’accouchement ou lors de la fausse couche. Cette maladie était ravageuse dans le service dont il dépendait, pratiquement 20% des patientes y succombaient.

Lui et ses étudiants faisaient donc des recherches, en parallèle des accouchements, en autopsiant les femmes décédées de cette maladie.

Hôpital au 19ème siècle

source de l’image : Réseau Canopé

Les observations terrains et les tests concrets

Cette maladie pose problème au Dr Semmelweis du fait de son taux de mortalité mais pas seulement. Dans l’établissement hospitalier où il travaille, il existe une deuxième maternité, celle du Dr Brard. Cette dernière quant à elle a un taux de mortalité inférieur à 3%

Il se demande alors “Comment se fait-il que mon service est plus mortel que celui du Dr Brard ?” et il commence à comparer ces deux unités et à observer les différences sur le terrain.

Ce qui le frappa est que l’autre service forme les sages-femmes et n’est constitué que de sages-femmes. Mais quel rapport ? Elles n’étaient pas en contact de cadavres malades !

Ce fut une évidence lorsqu’il s’en est rendu compte, les étudiants étaient la source du problème. Il se rend compte que leurs mains ont des odeurs cadavériques alors qu’ils vont examiner les femmes enceintes. Pour le Dr Semmelweis, ils transportaient avec eux des substances invisibles venant du cadavre. 

Ignace Semmelweis avait alors une piste pour la source du problème suite à ses observations. Place maintenant aux tests sur le terrain avec son équipe.

À cette époque les professionnels travaillaient à mains nues, sans eau courante, avec seulement un tablier pour protéger leur redingote. Les microbes et leurs problématiques ne sont pas encore connus non plus, ils seront découverts un quart de siècle plus tard par Pasteur. Ce fut une révolution lorsqu’il demanda à ses confrères médecins de son service à se laver les mains avec du chlorure de chaux. Rapidement ce procédé a permis de réduire drastiquement le taux de mortalité aux alentours de 1%. Il a alors découvert l’asepsie sans le nommer ainsi.

source de l’image : Le Figaro

Mise en place sur l’ensemble des hôpitaux

Quand les tests sont aussi efficaces, nous sommes comme Ignace Semmelweis, nous voulons mettre en place la solution pour le plus grand nombre. Dans son cas, c’était l’imposer dans tous les hôpitaux, quelle initiative innovante et révolutionnaire ! Eh oui c’était justement ça le problème. Le Dr Semmelweis et sa découverte n’ont pas été bien accueillis par les autres médecins. Pour eux c’était une procédure trop contraignante et surtout cela les touchait directement car c’était eux qui transmettaient la maladie. Rejeté dès qu’il apportait de nouveaux éléments de preuve, son caractère n’aidait pas. Pour faire appliquer ces mesures, le Dr Semmelweis allait jusqu’à envoyer des lettres aux médecins leur disant qu’ils étaient des meurtriers s’ils ne se lavaient pas les mains. Quelques années après sa découverte, son contrat ne fût pas renouvelé.

Ce combat fut rude pour lui et ne tourne pas en sa faveur. Il développa des problèmes mentaux et finira sa vie dans un hôpital psychiatrique à Vienne.

Sa théorie sera tout de même revalorisé et réhabilité lors des découvertes de Pasteur, Koch ou Yersin. Effectivement l’hygiène dans le milieu médical a permis de faire chuter la mortalité infantile, le nombre d’infection mais également à allonger l’espérance de vie.

Aujourd’hui il nous est inconcevable de ne pas mettre en place ces mesures d’hygiènes dans le milieu hospitalier notamment. Il a fallu des personnes innovantes et des changements de mentalités pour réussir à éviter les infections provoquées par le corps médical.