À lîlo, espace où réside icilaba, nous avons la chance de partager nos murs avec iao senn, un bureau d’étude eau et biodiversité. Dans nos échanges, nous évoquons régulièrement les points communs entre leur domaine d’expertise, l’environnement et le nôtre, le design. Le sujet du biomimétisme et de la nature comme source d’inspiration est venu naturellement.

Le biomimétisme, qu’est ce que c’est ?

Tout d’abord, un peu d’étymologie, le biomimétisme vient du grec bios (vie) et mimêsis (imitation). Cela veut donc dire : imiter le vivant. Cette méthode consiste à s’inspirer de la nature, ayant bénéficié de plus de 3.8 milliards d’années d’évolution pour se perfectionner et innover afin de créer de nouvelles technologies.

Le biomimétisme est également “une approche pertinente pour la conception de réponses aux besoins humains conciliant le contexte environnemental (éco-conception, protection de la biodiversité, etc.) et sociétal (ultra-urbanisation, augmentation de population, etc.)” comme indiqué dans cet article.

Quelles solutions de notre quotidien sont inspirées de la nature ?

La nature est une source d’inspiration infinie, de nombreux exemples sont visibles autour de nous. Eh oui, le biomimétisme n’est pas forcément réservé aux innovations de haute technologie, mais également aux produits du quotidien. Voici quelques exemples :

  • Le velcro, imitation la propriété accrochante du fruit de bardane dont les épines se terminent par des crochets déformables.
le velcro et le fruit de bardane
  • Le Néoprène, inspiration de la peau des animaux marins tels que le dauphin ou le requin pour une meilleure glisse dans l’eau.
une combinaison Néoprène et un dauphin.
  • L’aiguille indolore vient de la forme de la trompe du moustique dont la structure nous permet de ne pas ressentir sa piqûre.
aiguille indolore et moustique
  • Le Shinkansen, TGV japonais, utilise la forme du bec tranchant du Martin-Pêcheur afin de traverser l’air avec moins de résistance.
avant d'un Shinkansen et un marin-pêcheur

Ces quelques exemples montrent que le vivant nous inspire autant dans ses principes et son processus.

Nature et design, quels sont les liens ?

Comme l’explique cette retranscription de conférence lors du CONFERE 18, “chaque espèce observable aujourd’hui a subi un processus de sélection naturelle par essais et erreurs, retenant ainsi les solutions et systèmes les plus adaptés à leur environnement.” La nature s’est ajustée selon les contraintes de son environnement. Les mécanismes qu’elle a mis en place suite à ces expériences sont maintenant vérifiés et performants : des valeurs sûres et donc une belle source d’inspiration pour la phase d’idéation du processus design.

L’idéation est le cœur de la phase d’exploration. Elle consiste à générer un maximum d’idées en s’appuyant sur des sources d’inspiration multiples. La nature en est une intarissable, que ce soit dans les structures, les processus ou même les couleurs. Tout au long de cette phase, il est nécessaire de faire du lien entre les inspirations, les idées générées et les besoins et contraintes du projet.

infographie montrant quatre industriels impliqués dans le biomimétisme

source de l’image : Techniques de l’ingénieur

Ce système de bio-inspiration est présent dans de nombreux domaines et notamment dans l’industrie. C’est le cas de ces quatre industriels :

  • Saint-Gobain avec leurs verres auto-nettoyants, Bio-Clean, ou leur membrane architecturale Sheerfill. Dans leur article sur le biomimétisme, ils évoquent également leurs matériaux bio-inspirés de la nacre des coquillages. Ils obtiennent alors “des matériaux avec les avantages de la céramique (élégance, résistance à la rayure, transparence aux ondes…) sans la fragilité aux chocs”.
  • Renault,  Jérôme Perrin, leur Directeur Scientifique, nous explique dans le magazine Open_ressource, qu’ils travaillent sur les matériaux (fibres et matériaux composites) et sur les structures afin notamment de réduire la consommation d’énergie ou d’augmenter l’autonomie des véhicules électriques sur autoroute. Ils travaillent également sur “l’optimisation du pilotage des véhicules autonomes en vue de fluidifier et d’adapter collectivement leurs trajectoires et comportements”, sur le modèle de l’essaim d’insectes ou du banc de poissons.
  • Eiffage avec, par exemple, leurs recherches sur la dépollution douce des sols par les champignons, la mycoremédiation.
  • SNCF utilise la bio-inspiration notamment dans l’amélioration de l’expérience des utilisateurs ou la réduction du bruit.

Nous pouvons faire confiance à la plus grande et la plus ancienne équipe de “Recherche et Développement” du monde : la nature !

Retrouvez d’autres articles sur l’attitude design ici et là-bas sur notre blog.